Céline

Publié le 25/09/2024



Je m’appelle Céline, j’ai 49 ans au début de ce projet.
Je suis mariée et j’ai 3 enfants de 18 ans, 14 ans et 11 ans.

Diagnostic
Fin Septembre 2022 je sens une grosseur dans mon sein gauche. 3 jours plus
tard j’ai rendez vous avec ma sage femme. Elle me prescrit une échographie et
une mammographie que je réalise le lendemain. Les résultats ne sont pas très
clairs. Une nouvelle échographie est programmée 10 jours plus tard et une IRM le lendemain.
J’ai une biopsie quelques jours après ces examens.
Le 27 Octobre, soit un mois après ma première consultation, j’ai rendez vous
pour qu’on me communique les résultats.
Mauvais pressentiment… Mon mari est avec moi comme à chacun des rendezvous
importants qui suivront. Nous apprenons que j’ai un carcinome lobulaire
infiltrant… un cancer du sein.
C’est un choc, plein de questions se posent à nous.
Le cancer est il métastasé, quelle va être la prise en charge, comment
l’annoncer à nos enfants…?

Les traitements
Je vois la semaine suivante ma gynécologue qui nous explique le protocole.
Très vite tout s’enchaine il faut commencer par faire un bilan d’extension
pour en savoir plus.. scintigraphie, scanner, irm hépatique, cardiologue.
Dès que nous en savons plus sur « le merdeux » il nous faut l’annoncer à nos
enfants, nos familles, notre entourage.
C’est déjà une épreuve en soi mais
je me sens soutenue (de près et de loin), je sais que je ne serais pas seule.
.
Ma petite dernière qui a 9 ans me dit très justement que ce n’est pas grave
qu’on m’enlève un sein que « ça se rachète ». Les enfants ont cette facilité de
rendre les choses moins douloureuses qu’elles ne le sont.
Elle a tellement raison.
Je suis opérée le 21 Novembre 2022, mastectomie du sein gauche, on
m’enlève également la chaine ganglionnaire qui est atteinte. C’est un
soulagement je ne supportais plus la vue de ce sein malade.
En cadeau de Noël on me pose ma chambre implantable pour pouvoir
m’administrer la chimiothérapie.
Début Janvier les hostilités continuent je pars pour 12 cures de chimio.
La première se passe relativement bien, les autres sont plus compliquées.
Malgré tout je garde le moral, une amie me fait des séances de REIKI, une
autre m’accompagne en chimio, ma belle soeur. Mes frères, ma belle famille,
les amies sont présents…
Ma maman me soutien de toutes ses forces. Je sais que c’est difficile pour elle.
Mon papa nous a quitté quelques années plus tôt suite à un cancer de la
prostate, cette fois c’est moi qu’elle doit accompagner.
Mon mari et mes enfants ont été ma force au quotidien.
Je n’ai plus de cheveux, plus de cils, plus de sourcils peu importe nous
tournons ça à la dérision.
Un jour je suis monsieur Propre, le lendemain madame Irma!
Les bonnets de chimio, frange me donnent le pouvoir de changer de tête.
Il y a des jours plus difficiles que d’autres, je suis dans un tunnel mais chaque
cure me rapproche de la sortie, de la guérison.
Je termine la chimio fin Avril commence un mois plus tard la radiothérapie.
21 séances qui passent finalement très vite.
Nous sommes début Juillet et je sors du tunnel. J’ai tenu le coup, mon corps
ne pas lâché malgré les épreuves qu’il a subit.
Moralement c’est plus difficile. Les allers-retours à la clinique s’espacent et je
commence à réaliser ce qui vient de m’arriver.
Je me suis mise en mode guerrière fin Octobre, les rendez vous ce sont
enchainés, les traitements, mon corps ne m’appartenait plus vraiment, j’étais
déconnectée. Je réalise au bout de 9 mois le chemin que je viens de parcourir.
Je commence rapidement l’hormonothérapie, d’abord à reculons, moi qui n’ai
jamais pris de médicaments ça ne m’enchante pas vraiment. Les effets
secondaires sont difficiles aujourd’hui encore. J’apprends à faire avec. J’ai
compris que je devais en faire mon alliée et non mon ennemie.
Ces traitements doivent m’éviter une récidive.

Aujourd’hui
J’essaie de voir la vie en couleurs et de reconnaitre les petits bonheurs du
quotidien.
Je m’autorise des choses que je n’aurais pas fait auparavant. Je viens d’avoir
50 ans et je vais faire un saut en parachute.
Je crois que ce cancer n’est pas arrivé par hasard, il m’a permis de mieux me
connaitre. Je ne suis plus vraiment la même qu’avant. Peut être une meilleure
version de moi même??
Surtout je sais que même si la vie nous semble parfois difficile, elle est
vraiment belle et vaut la peine de se battre pour la garder.