publié le 01/09/2024
Je suis Floriane, j'ai 52 ans et le cancer est venu me rendre visite en 2015, j'avais 41 ans.
La découverte
J'ai senti une toute petite boule dans mon sein gauche début 2014, à l'époque je vois souvent mon médecin qui m'accompagne pour l'arrêt du tabac, je lui montre et elle n'est pas alarmée. J'ai déjà eu plusieurs fois des kystes, on se dit donc que c'est à surveiller.
En juin ça a grossi et j'ai souvent des moments d'inquiétude mêlés à du déni, j'ai peur d'apprendre ce que c'est. Je fini par prendre rdv chez ma gynéco, c'est un remplaçant qui me reçoit, il palpe la grosseur et m'annonce « ce n'est rien, un kyste lié à votre cycle, pas d'inquiétude !», exactement ce que j'avais envie d'entendre, je repars totalement soulagée, sans m'étonner qu'il ne prescrive aucun examen !
Début 2015 je retourne chez mon médecin car ça a encore grossi et l'inquiétude est très présente. Avec les délais d'attente de rdv c'est seulement en avril que je fais la mammo. D'ailleurs, étrangement, on ne voit rien sur la mammo, je dois faire tâter la grosseur à la radiologue pour qu'elle m'emmène à l'échographie. Je comprends vite que ce n'est pas bon, dès que j'entends le mot « biopsie » je l'associe au mot « cancer ».... Je dois encore attendre 2 semaines pour que mon médecin puisse me l'annoncer. Même s'il s'agit du sein et qu'elle me rassure en m'expliquant que maintenant ça se soigne très bien, je pense tout de suite à la mort, à ma mort ! Et bien sûr à ma fille de 7 ans que j'élève seule, en garde alternée, depuis 2 ans. C'est la panique à l'intérieur de moi, impossible de concevoir que je puisse ne plus être là pour elle.... le cauchemar !!
La suite...
Ensuite tout s'enchaîne : le rdv avec la chirurgienne qui m'annonce que c'est un cancer du sein hormono-dépendant, de ceux que l'on soigne le mieux. Elle va m'opérer très bientôt pour enlever la « boule » et selon les résultats de l'analyse, la suite des traitements se précisera.
Je sais déjà qu'il y aura la radiothérapie puis l'hormonothérapie, je croise les doigts pour passer à côté de la chimio !
A la suite de la tumorectomie, j'apprends que quelques ganglions lymphatiques sont touchés et que je vais avoir droit à la chimio, c'est un gros coup de massue, je suis à ce moment-là très angoissée par l'idée que le cancer se propage....
A la suite des résultats de l'analyse, j'apprends qu'il faut de nouveau opérer pour enlever une partie un peu plus importante car il reste quelques cellules précancéreuses. Je ne m'attendais pas à ça, il paraît que ça arrive de temps en temps....
A la suite de cette seconde intervention, la chirurgienne me dit que la zone n'est toujours pas saine et qu'elle va m'ôter le sein.
Là, c'est l'hécatombe, je n'avais pas du tout envisagé ce cas de figure, on ne l'avait absolument pas abordé lors des divers rendez-vous. Je suis mal et j'ai beaucoup de difficulté a accepter cette nouvelle annonce. J'ai l'impression que le corps médical prend le pouvoir sur mon corps, qu'il décide pour moi sans que j’aie mon mot à dire. C'est très étrange car je suis en même temps bien consciente que tout cela est fait pour que je guérisse mais à l'intérieur de moi ça crie « NON ».
Petit à petit je me relève, j'ai envie d'être actrice dans tous ces protocoles qui vont s'enchaîner, je veux tenir les cartes de ma future guérison. Refuser l'ablation s'impose de plus en plus en moi, je décide d'aller dans le sud voir un chirurgien/cancérologue dont j'ai lu des livres, pour lui faire part de cette décision et avoir son avis. Il me rassure : on m'a ôté le cancer avec la tumorectomie, ce qui reste est précancéreux et si je restaure mon système immunitaire il peut faire son travail en dégommant ces cellules pas cools. Je repars de ce rendez-vous le cœur gonflé d'espoir et de joie, c'est comme s'il m'avait annoncé que j'étais guérie !!!
La chimio va suivre, je la supporte assez bien malgré quelques aphtes et les douleurs articulaires sur la fin. Je jeûne lors de l'administration du traitement, je me fais aider par le recours aux médecines parallèles : homéopathie, phytothérapie, reiki, shiatsu, médiation et suivi psychothérapeutique.
Je n'ai plus de cheveux, plus de cils et de sourcils, je ressemble à une petite extra-terrestre.... mais je me sens active et bien en vie.
Je participe a un programme de méditation de pleine conscience proposé par l'hôpital durant 7 semaines, cela m'apporte beaucoup d'apaisement et de recul et me permet, juste après la fin de la chimio, d'annoncer à l'équipe médicale que je ne veux pas que l'on m'enlève le sein, je me sens bien assise dans ma décision et très calme face au discours de peur que l'on me renvoie.
La radiothérapie va suivre pendant un peu plus d'un mois, j'ai retrouvé un corps moins douloureux, je vais aux séances en vélo et je me sens plutôt en forme. J'ai l'impression qu'une nouvelle vie commence...
Vient ensuite l'hormonothérapie que je supporte assez bien pendant 5 ans avec peu d'effets secondaires.
Aujourd'hui
Cette traversée de la maladie, de ses traitements et de la peur de mourir m'a mené vers la découverte de ressources insoupçonnées qui m'ont permises de prendre soin de moi, de mieux me connaître, de découvrir que je pouvais me faire confiance et être pleinement actrice de mon parcours de guérison.
Mon rapport à la vie a bougé, je suis plus sereine, plus joyeuse et reconnaissante et j'essaie d'être pleinement là au moment présent, plutôt que dans le passé ou l'à venir.
Cela m'a donné envie de soutenir, d'accompagner et de partager avec d'autres femmes atteintes d'un cancer, je m'investis dans l'association Au Sein des Femmes de Touraine depuis maintenant 7 ans.


