Galina

Publié le 15/02/2024, actualisé le 04/05/2025

Je m'appelle Galina Zvereva-Livernette. 54 ans. Photographe. Femme. Survivante. Mes racines sont russes, ma vie est ici, en France, entre le sud Touraine et le nord de la Vienne.


J’ai fondé « Ma photo contre le cancer », puis « Ma photo contre la maladie ». Parce qu’il fallait faire quelque chose. Parce qu’il fallait se battre. Parce que, sans lumière, on s’effondre.


Ma première rencontre avec le cancer

Il est arrivé comme un orage, sans prévenir. J’avais quitté mon pays pour la France, avec l’homme que j’aime. Un nouveau départ. Un rêve. Mais la transition fut rude, le stress immense… Mon corps a flanché.


Du sang. De l’inquiétude. Un médecin. Une coloscopie. Un visage fermé. Puis un appel.

"Venez, nous devons parler."

On m’a dit d’amener mon mari « pour comprendre correctement en français ». Mais la « cloche » n’a plus sonné, j’ai dit – oh, c’est bon, j’y vais seule, je comprendrai tout !

Verdict : Cancer colorectal, stade III. Mon monde s’est figé.

Quelques secondes suspendues entre le réel et l’irréel… et puis il a fallu agir. Ma gastro-entérologue, Florence Gautier-Jubé, une femme extraordinaire, a tout orchestré. Des examens, des rendez-vous, un traitement, une bataille à livrer.

J’ai pris le bus pour rentrer chez moi ce jour-là, en me demandant : Je pleure maintenant ou j’attends d’être dans les bras de mon mari ? Finalement, c’est son épaule qui a tout absorbé. Plus que moi, il avait peur. Mais il est resté, debout, solide. Et parce qu’il ne s’est pas effondré, je n’ai pas flanché non plus.

Sept mois de lutte. 3 mois de chimio en comprimés. 25 séances de radiothérapie. Opération. Une semaine en réanimation. Une colostomie. Une seconde opération. En enfin… LIBERTÉ !!!

Pendant ces mois de lutte, une carapace invisible s’est forgée autour de moi, et l’amour indéfectible de mon époux et mes proches m’a portée. Grâce à eux, j’ai pu oublier cette épreuve pendant dix ans.

Dix ans de vie normale. Dix ans où je me suis autorisée à oublier. Dix ans volés au cancer.

Et puis... une sorte de problème a recommencé. En 2015, ma mère a reçu un diagnostic de cancer du sein, mais celui-ci est lent et vit de chimiothérapie par comprimés. En 2021, ma sœur jumelle est décédée, le cancer l'a tuée...

La deuxième tempête

Septembre 2023. Dix ans après avoir cru être sauvée, il est revenu. Cette fois, il s’est glissé dans mon col de l’utérus.

Pourquoi ? Comment ?

Les réponses sont tombées. Syndrome de Lynch, une prédisposition génétique qui me rend vulnérable à plusieurs types de cancers. Une menace à vie. Un inconnu qui rôde sans prévenir.

Deux chirurgies. Quatre séances de curiethérapie. Mais j’ai appris une chose : Je marche. Je marche dès que je peux. Parce que le mouvement repousse le néant. Parce qu’il faut avancer, toujours.

Mon mari me répète, encore et encore : "N’aie pas peur. Nous sommes ensemble. Il ne mérite pas qu’on parle de lui (cancer)." 


Septembre 2024. Fatigue. Une lassitude qui pèse. Je crois que c’est mon travail… Mais ce n’est pas ça.

Un scan. Une biopsie. Des métastases…

Janvier 2025. Je dois annuler mon voyage en Russie. Ma mère ne sait rien. Elle ne doit pas savoir. Il y a des mensonges qui sauvent. Ceux qui évitent la souffrance à ceux que nous aimons.

Je rejoins le programme DOMENICA, en espérant que mon combat puisse servir aux autres. Six cycles de chimiothérapie. Mes cheveux tombent. Mes sourcils disparaissent. Mais je respire ! Mais je suis là !!!


Et après ?

Après… Il y aura la vie. Pleine de passion, d’amour, et de dévouement. Car cette maladie ne mérite ni mes larmes ni mon attention. 

Seuls comptent l’espoir et les combats partagés.


Il y aura mon projet, qui avance malgré tout. Il y a des gens qui nous rejoignent, qui veulent que la lumière triomphe. Alors nous continuons.

À tous : Faites-vous contrôler. Écoutez votre corps.

J’ai reçu une troisième chance. Et pour ça, merci LA VIE.