Karine

 publié le 01/09/2024



Je m'appelle Karine. Au début de cette aventure, J'ai 43 ans. Je suis mariée et nous avons deux enfants : une fille de 17 ans et un fils de 14 ans.

Le diagnostic 

Je découvre une grosseur en janvier 2023.  Je n’ai pas d’antécédent familiaux, je suis plutôt sportive, j’ai une vie saine, je suis en bonne santé. Je ne m’inquiète pas et n’en parle pas. En mars, cette grosseur est toujours là, alors je décide d’en parler à mon médecin généraliste qui me propose de vérifier avec une mammographie. La course aux examens commence ! Mammographie, échographie, biopsie, IRM…attente pénible des résultats.
Avant la biopsie, j’en parle à mon mari qui m’accompagne le 2 mai, jour du verdict. Finalement, il y a 3 masses cancéreuses. Et là, silence, vide, incompréhension, black-out. Je ne veux pas être malade. Je ne veux voir personne, je préviens ma famille et mes amis proches mais je ne veux pas d’appels, pas de visites. En parler, c’est rendre le cancer réel et je ne suis pas prête.

Les traitements 

Le périple commence le 6 juin par 2 protocoles de chimiothérapie. Le premier composé de quatre « cures » espacées de 3 semaines. Le cocktail est explosif et me rend vraiment malade. Je perds environ 10 kilos et pas seulement à cause de ma perte de cheveux, de cils et sourcils. Je m’arrange pour que les enfants aient un peu de vacances loin de la maison mais leur absence me coûte énormément, car leur présence m’aide à aller de l’avant. Le 28 août, débutent simultanément le deuxième protocole de chimiothérapie qui s’étale sur 12 semaines consécutives et l’immunothérapie qui a lieu toutes les 3 semaines et s’est terminée le 19 août 2024. La fatigue s’installe mais les résultats sont bons, j’essaie de garder la face, de garder mon sourire de façade pour ne pas faire subir le cancer à mes proches. Je ne veux rien lâcher.
Le 27 novembre 2023, mastectomie. C’est le début de la fin du cauchemar. Pendant 7 mois, je me suis battue contre moi-même car je n’acceptais pas d’avoir un cancer et à ce moment-là, c’est trop tard, il n’y a plus d’espoir de sauver mon sein, je décide de me faire aider (psychologue, réflexologie plantaire…) pour avancer et ça devient plus facile. J’essaie de devenir maître de mon emploi du temps et je participe aux activités proposées par la ligue contre le cancer (Qi gong, méditation, sophrologie…), je m’inscris à des associations « au sein des femmes de Touraine » et au « Cher dames de Loire » où je trouve du soutien. Je ne gaspille plus mon énergie à lutter contre le fait que j’ai un cancer mais je veux vivre malgré le fait d’avoir un cancer, et je ne veux plus attendre. C’est aussi une façon de reprendre le contrôle de ma vie car le rythme des soins, des examens et les effets secondaires font perdre en autonomie et ça n’a pas été simple pour moi.
Dernière étape de ce marathon, 25 séances de radiothérapie qui se sont terminées en mars 2024.
Même si j’ai essayé de tenir mes proches éloignés pour ne pas les impacter, je me suis rendue compte que j’étais réellement aimée et soutenue, je suis riche de mes amis et de ma famille, et pourtant j’ai perdu du temps avec ma colère et cette sensation de vide et de solitude. Ce n’est pas si simple de demander de l’aide mais c’est pourtant tellement bénéfique avec un peu de recul.

Aujourd'hui et maintenant

Même si l’aventure n’est pas terminée, je suis plus sereine. La dernière étape sera la reconstruction. De nombreuses interrogations subsistent mais je crois que c’est important pour moi car ça participe aussi à la reconstruction de ma vie.
Nous avons pris 15 jours de vacances cet été et je reprends le travail dans quelques jours en mi-temps thérapeutique. Je termine ce chapitre pour commencer celui du reste de ma vie en ne perdant pas de vue l’essentiel, vivre maintenant sans attendre un demain meilleur et surtout, ne pas m’oublier dans cette vie et prendre du temps pour moi.
Le cancer m’a apporté un autre regard sur moi-même et sur la vie, il m’a permis de révéler et de rencontrer des personnes exceptionnelles. Le bonheur est dans les petites choses et passe souvent inaperçu mais j’essaie d’être attentive.