Maria

 Publié le 9/07/2024




Je m’appelle Maria, née le 11 Octobre 1955, j’ai 3 enfants et 8 petits enfants. Apres 37 ans de travail en milieu hospitalier, je suis aide-Soignante à la retraite 

Annonce

En mai 2018 je ressens de petites décharges au sein gauche, sans aucune grosseur à la palpation, ni douleur particulière. Ces petites décharges augmentent et je me dis « tiens où est mon ordonnance de dépistage «, j’ai pour habitude d’écouter mon corps, et là il me parle avec ces décharges. ! Elle date un peu cette ordonnance !! Le temps passe si vite.

Occupée par mon jardin les jours passent ; jardiner m’occupe et travailler la terre me détend. Beaucoup de temps est consacré à semer, planter, biner, arroser et récolter. Les jours défilent sans que je me rende compte : pas le temps de m’ennuyer. C’est ma méditation active, ma façon de me sentir bien. Puis je me décide, je prends rendez-vous.

Les décharges augmentent et m’inquiètent, le rendez-vous de dépistage approche. Début juin : mammographie, échographie, j’aperçois sur l’écran une tâche d’une taille d’un petit œuf ; tout de suite je me dis, - « si c’est cancéreux, je n’ai plus de sein », le radiologue me prévoit une biopsie pour le lendemain.

En attendant les résultats je pars en vacances, ces quelques jours sont pour moi très angoissants aucun plaisir à profiter du soleil, ni de la mer. Les vacances terminées, mon rendez-vous chez mon médecin traitant est prévu, enfin le résultat ! Il m’annonce que j’ai un cancer. Aucune surprise je le sentais, je me sens calme. Je connais bien le protocole de soins qui m’attend

J’ai travaillé 19 ans en cancérologie et depuis ma retraite 7 ans avant l’annonce je continue à apporter bien être aux enfants, parents et familles en pédiatrie hématologie-oncologie une journée tous les 15 jours ainsi qu’animer dans le hall du pôle du shiatsu assis une demi-journée par trimestre. Je suis formée aux soins de relaxation par le toucher (massage californien, shiatsu, réflexologie et REIKI)

J’ai rendez-vous avec le gynécologue chirurgien qui m’indique une tumeur de 16 mm de grade 3 de type HER2. Ce qui implique le traitement suivant :  chirurgie, chimiothérapie lourde, rayons et anticorps pendant un an.

Ces quelques mois ont été très difficiles avec beaucoup de péripéties après l’ablation de la tumeur, un deuxième passage au bloc est nécessaire pour enlever les derniers tissus douteux   le chirurgien a tout fait pour préserver le sein. Puis vient la première séance de chimiothérapie qui engendre une aplasie et une hospitalisation en chambre d’isolement pendant une semaine. Je suis épuisée, affaiblie, je prends et accepte les choses comme elles viennent.

Je me suis fait aider par des soins de support : acupuncture, sophrologie, séance de shiatsu avant chimiothérapie, homéopathie, REIKI, socio-esthéticienne tout cela m’apporte du réconfort et soutien. La famille et les ami(e)s sont présents et m’accompagnent.

Apres plus d’un an de traitements, la vie reprend son cours.

Catastrophe : 8 mois après la fin la dernière injection d’anticorps en aout, je me sens fatiguée, un état que je ne sais pas expliquer. Je vois mon médecin traitant, il me rassure car la mammographie de contrôle (juin) est bonne. Deux mois après, un matin, au réveil je sens une grosseur importante sous le bras. Nouvelle mammographie, bilan sanguin et nouvelle biopsie : annonce d’une récidive du HER2 ganglionnaire.

Cette fois ci je ne l’accepte pas.  Très compliqué, difficile de l’accepter.  Cette récidive précoce est pour moi un coup de massue, je me sens en danger, je craque, j’ai peur, tout s’écroule.  Dans mon esprit tout se bouscule, que dois-je faire. J’ai pourtant réalisé tout ce qu’il faut pour l’éviter.

 Je prends la décision que dès les traitements terminés je pars sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle de chez moi avec mon sac à dos, seule et me trouver face à moi-même, de réaliser un saut en parachute, je me dis qu’en sautant dans le vide je me libère de tout.

Cette fois les effets secondaires de la chimiothérapie et anti corps sont violents et difficile à supporter, je pense « je vais mourir ».  Un suivi psychologique durant la durée de tout le traitement (un an), m’aide et m’imaginer sur le chemin de Compostelle m’a porté. Après suivit la chirurgie ganglionnaire toute la chaine. Ils n’ont pas touché au sein car après tous les examens IRM, Biopsie, scanner il est sain. S’ensuit un lymphocèle avec infection : réopéré, hospitalisation et soins infirmiers à domicile d’une durée de 50 jours.

Aujourd’hui

Tout va bien, je me rassure d’être bien surveillée, écoutée par le milieu médical.  

Je m’occupe de moi sports +++

Depuis J’ai participé à l’échappée rose dans les Vosges organisé par l’association au sein des femmes. Depuis je m’investi activement dans l’association pour soutenir a mon tour les femmes nouvellement touchées par un cancer.

Une cure à la Roche Posay

Le chemin de St Jacques de Compostelle, un grand chalenge réussi, plus de confiance, fière d’avoir parcourue 1500 km.

Le saut en parachute, je me suis sentie libre, enthousiaste, libéré de toutes mes peurs.

Aujourd’hui toute occasion de participer ou faire des challenges j’y vais, j’y cours je prends tout ce qui me fait du bien.

J’ai la chance de vivre dans un lieu agréable à la campagne avec un grand terrain ou je peux exprimer, créer, recevoir enfants, petits-enfants, ami(e)s. Vivre des moments riches de partages, j’adore cela, je profite de tous ces moments