Nicole TENDEL
cancer de l'ovaire, liposarcome
Enseignante en math, retraitée
Je m'appelle Nicole, j'étais enseignante il y a encore quelques mois.
Nous sommes en Juin 2024, je rentre d'Italie où j'ai marché 150 km en Toscane. Je consulte parce que mon corps se déforme et me fait souffrir.
J'ai été opérée d'un cancer de l'ovaire il y a 2 ans et j'ai le sentiment qu'il y a toujours quelque chose qui ne va pas dans mon ventre car je prends du poids sans raison et j'ai mal. On me répond qu'avec l'âge le corps des femmes change, j'ai du mal à le croire, je suis plutôt sportive.
Et puis, le 8 juillet cette phrase anodine et un regard gêné. "Madame, c’est un cancer. Un liposarcome. Je dois vous opérer en urgence"
Et là tout s’est arrêté, ma notion du temps, mon souffle, ma vie .Tout recommence ! Je pensais être guérie.
De nouveau l'hôpital, les longs couloirs, les examens douloureux, les salles d’attente pesante et cette sensation incroyable de ne plus appartenir à cette société. D'entendre des mots affreux et désespérants.
Les jours avant l'opération sont insoutenables, je ne reconnais plus mon corps, mon teint est terreux mon regard est absent.
J'ai besoin d'aide.
L'hypnose m'apportera un court répit.
Après l'opération, la réalité le handicap. Un nerf sectionné, je suis vivante mais j'ai perdu ma mobilité et ma spontanéité. La tumeur pesait 1kg500, elle entourait mon rein et mes intestins qu'on a dû retirer.
Mon corps n'est plus le même, je suis transformée.
Mon corps n’obéit plus aux lois que je connaissais : celles de la force, du mouvement et de la légèreté. Il suit maintenant une autre règle, celle du handicap. Je suis sauve mais une partie de moi est partie avec la tumeur.
Je pleure parfois sans raison, les regards gênés me déstabilisent. Je suis en colère et j'ai peur de celle que je suis devenue et de l'avenir. Mon corps est en rééducation permanente.
Je ne suis plus celle d’avant mais je tiens debout, ce n'était pas gagné. Je suis un corps abîmé, certes, mais une femme qui se tient droite. J’apprends à marcher et à regarder la vie autrement. Dans les douleurs de ce corps, je découvre des forces inconnues.
Je ne dois pas espérer redevenir celle d’avant, mais plutôt être heureuse d'être encore là.
Ma devise : "la vie est belle"
Pourquoi participer à ce projet?
Parce que la vie est belle, que chaque minute gagnée est une victoire sur la mort, chaque moment partagé, un vrai bonheur.


