Roseline

publié le 17/02/2026

Roseline ROBERT

84 ans, retraitée

cancer du sein


Je m’appelle Roselyne Robert, j’ai 84 ans. Je suis mariée depuis soixante-deux ans à un homme merveilleux, âgé aujourd’hui de 85 ans. Nous formons un couple très fusionnel, encore en bonne santé, et nous avons toujours traversé la vie ensemble, simplement et joyeusement. Rien ne laissait présager ce qui allait m’arriver.


Depuis trente-cinq ans, je fais une mammographie tous les deux ans, comme me l’avait conseillé ma gynécologue. En mars dernier, lors de l’examen habituel, la radiologue a multiplié les clichés du côté droit. L’échographie qui a suivi a tout bouleversé : le médecin a immédiatement repéré des ganglions très enflammés. Il a posé des clips, puis m’a annoncé qu’il fallait agir vite. La biopsie a confirmé un cancer agressif.


Tout s’est enchaîné très rapidement. J’ai été prise en charge par une cancérologue, puis orientée vers l’hôpital de Chinon pour éviter à mon mari les trajets quotidiens jusqu’à Tours. Là-bas, j’ai reçu 16 séances de chimiothérapie, une par semaine. Ensuite, le 14 novembre, j’ai été opérée à la Clinique Saint-Gatien à Chinon. L’intervention s’est bien passée, mais l’analyse a révélé la présence de petites cellules résiduelles. On m’a donc prescrit des rayons, puis une immunothérapie que je poursuis encore aujourd’hui.


Les rayons se passent bien, même si lever le bras très haut est difficile. Depuis l’opération, j’ai perdu de la force dans la main et le bras, et je souffre des épaules. Je fais de la kiné deux fois par semaine pour récupérer.


Quand le diagnostic est tombé, j’ai tout de suite prévenu mes proches. Je n’ai rien voulu cacher, même si le mot cancer était très difficile à prononcer au début. Petit à petit, j’ai réussi à en parler librement.


La chute des cheveux a été un moment délicat. Dès la deuxième chimio, ils tombaient par poignées. Ma fille m’a accompagnée chez le coiffeur, qui m’a conseillé de tout raser. Je n’ai pas pleuré. J’ai porté une perruque, mais elle me tenait trop chaud, alors j’ai préféré les bonnets. Aujourd’hui, mes cheveux repoussent, tout doux, comme des cheveux de bébé. Je craignais qu’ils ne redeviennent noirs, moi qui suis habituée au blanc, mais finalement, cela me va très bien.


Ce qui a été le plus difficile, c’est de voir mon mari s’effondrer quand il a appris qu’après l’opération, il faudrait recommencer les traitements. Il a été très courageux, mais la nouvelle l’a déprimé. Heureusement, il a été aidé et va mieux maintenant. Les hommes sont parfois plus fragiles que nous, j’en suis convaincue.


Malgré tout, la vie reste belle. J’ai deux enfants, trois petits-enfants, et un arrière-petit-fils de trois ans et demi, adorable. Mon petit-fils s’est marié en janvier, et ces moments de bonheur me portent.


Aujourd’hui, mon souhait le plus cher est de remarcher correctement. J’ai perdu un peu d’équilibre, je fais de petits pas, et j’aimerais retrouver la gym que je pratiquais avant. La fatigue de la chimiothérapie a été immense, mais maintenant, je reprends des forces. Un animateur va bientôt venir à domicile pour m’aider à travailler l’équilibre et la mobilité. J’ai envie d’y croire, de progresser, de retrouver mes habitudes, notamment marcher avec mon mari, qui marche vite, lui.


Ma fille me dit que je suis une battante. Et je le suis. Je ne me suis jamais laissée abattre. Je relève la tête, toujours. Je veux m’en sortir, malgré mon âge. Je veux continuer à vivre, pour moi, pour mon mari, pour mes enfants et mes petits-enfants.