Sandra

publié le 17/02/2026

Sandra CHALUMEAU

35 ans, sapeur-pompier volontaire

cancer du sein



 Je m’appelle Sandra CHALUMEAU, j’ai 35 ans et je suis à la recherche d’un emploi dans le secrétariat (secrétaire comptable, assistante administrative…).


Voici mon histoire :

Ma jeunesse se passe très bien. Je suis Sapeur-Pompier Volontaire depuis 2008, je pratique divers sports (football, tennis de table, badminton,…). Je suis dynamique et j’adore apporter mon aide aux personnes qui en ont besoins.

En 2017, les problèmes médicaux commencent. Après de multitudes examens et opérations (appendicite, …) on me diagnostique une Gastroparésie (estomac paresseux).

Malheureusement en 2021 (à 31 ans), je dois faire face à un nouveau combat tout en gérant la première maladie. En effet, je ressens une « boule » dans mon sein gauche, des douleurs lorsque je mets mon soutien-gorge ou que je m’endors sur le ventre. Après avoir échangé avec ma maman (antécédent dans ma famille maternel), je passe plusieurs examens (mammographie, échographie, irm, …).

Quelques jours après la biopsie, je me présente seule au rendez-vous pour les résultats. Lors de cet entretien, la gynécologue m’annonce un cancer du sein. S’en suis l’annonce de mon protocole de soin et les échéances à venir (recherche génétique, TEP Scan, anesthésiste, opération, radiothérapie, retrait de la chaine ganglionnaire…). Tellement de mots que je n’ai pas compris sur le moment et qui me font peur. De retour à mon domicile je fais des recherches sur internet pour savoir à quoi m’attendre (au jour d’aujourd’hui, je peux dire que ce n’était pas la bonne solution. Car sur internet on trouve de tout). 


« Cancer du sein », 3 mots… mais 3 mots qui changent toute ma vie. Le monde s’écroule autour de moi, je pleure beaucoup, je n’arrive plus à entendre et comprendre les mots du médecin, je me demande ce que je vais devenir, comment l’annoncer à mon employeur, … On entend toujours que le cancer c’est après 50 ans mais là comment imaginer que le cancer est là, et à cet âge.

Les nuits sont agitées, la fatigue physique et psychologique est bien présente. J’ai très peur car on ne connait pas l’issue finale de chaque personne pour le cancer. J’ai énormément de questions qui me viennent mais auxquelles je n’ai pas encore les réponses. Je me sens seule, perdue.


Quelques jours après, on me retire la masse dans le sein gauche. Le réveil fut douloureux. J’ai ensuite effectué 28 séances de radiothérapie (merci aux personnels du PSLV qui étaient adorables). 

A l’issue de toutes ses épreuves, un suivi régulier est mis en place avec la gynécologue et l’oncologue. Des sources de stress tous les 6 mois lors des examens de peur que le cancer revienne. Suite à ma Gastroparésie, je ne peux malheureusement pas prendre l’hormonothérapie en cachet. 


A l’issue de tout ce parcours, j’étais heureuse et fière d’avoir réussi à passer cette épreuve. Je me suis sentie plus combatif et très heureuse d’être encore en vie. 


Mais malheureusement je dois retourner au combat en 2024… 

Suite à de nouvelles douleurs dans mon sein gauche, je repasse tous les examens et après une nouvelle biopsie, la spécialiste m’annonce une récidive du cancer et que je vais devoir subir l’ablation de mon sein gauche. Elle m’avertit que j’ai un risque potentiel que mon sein droit soit un jour touché. Je lui demande alors si on peut me retirer mes deux seins. Ce choix fut très dure pour moi psychologiquement car j'allais perdre une partie de ma féminité. 


Le monde s’effondre à nouveau. Cette 2ème annonce du cancer fut plus dur à accepter. J’ai énormément pleuré, j’étais perdu, je n’arrivais plus à me concentrer, je me posais encore plus de questions « fais-je m’en sortir une deuxième fois, comment je vais faire, fais-je avoir la force de retourner au combat, comment vais-je accepter mon nouveau corps… ».


J’ai eu la chance d’avoir un médecin traitant et une psychologue qui m’ont beaucoup aidé durant mon parcours (encore un grand merci à eux). 


A l’issue de l’opération (mastectomie), le personnel médical de l’hôpital a pris le temps de m’accompagner dans la nouvelle épreuve à savoir la découverte des cicatrices et l’acceptation de mon corps.

Après 5 semaines d’arrêts, de soins et de traitement, j’ai la chance de pouvoir retourner en formation avec quelques restrictions. Des adaptations sont mises en place par le centre de formation (merci à eux) et mes amies m’accompagnent et m’aident dès que besoin. Je suis fière d’avoir réussi à valider mon titre professionnel à l’issue de mon parcours. 


Nous avons également dû arrêter l’hormonothérapie par injection car cela me paralysé les jambes. 


Voir son corps changeait a été compliqué pour moi pendant l’été car je ne savais plus comment m’habiller (mes tee-shirts flottaient), quel maillot de bain mettre (1 ou 2 pièces),… c’est beaucoup de questions qui peuvent paraitre anodin mais ont vraiment un impact psychologique quand on y est confronté.


Fort heureusement j’ai eu la chance de rencontrer Katia (coach en image de soi) qui a été exceptionnelle avec moi. Elle m’a conseillé, aidé et recherché les vêtements que je peux porter. Elle m’a redonné confiance en moi. 


Suite à des douleurs et des difficultés de mobilité de mon bras gauche, j’ai effectué 15 séances de photobiomodulation au PSLV. J’ai aussi effectué une cure thermale à La Roche Posay en 2025 qui m’a fait beaucoup de bien.  


Actuellement, je me reconstruis physiquement et psychologiquement en m’épanouissant dans le sport adapté et en profitant de la vie. Je continue à rechercher un travail. J’essaie également d’aider les personnes atteintes du cancer dans leur parcours en leur répondant à leur question et/ou en leur expliquant mon parcours. J’ai un suivi régulier avec mon médecin traitant pour faire face aux deux maladies et adapter les besoins au fil des jours. Et j’ai des suivis réguliers avec les spécialistes. 



Les points négatifs que j’ai pu rencontrer sont :

Le manque d’information et le sentiment de solitude à certains moments ; la prise en charge avec une psychologue qui devrait arriver plus rapidement ; la possibilité d'échanger avec des personnes qui ont vécu le cancer pour pouvoir répondre à toutes les questions que nous pouvons avoir.


Mes forces durant le cancer :

Ma combativité, le soutien de ma famille et de mes ami(es), ma détermination, la musique, le personnel médical.


Mon espoir est :

Je souhaite que le cancer ne revienne plus et me laisse en paix. J’aimerai bien que les personnes soient sensibilisées au cancer dès le plus jeune âge car le cancer n’a pas d’âge.


Mes rêves sont :

pouvoir rencontrer un jour l’un de mes chanteurs préférés (qui me donnent énormément d’énergie chaque jour) et de rencontrer l’équipe de football de Lyon et d’assister à l’un de leur match.


Ma devise est :

« La vie est un défi ! Vis-la, sens, aime, ris, pleure, joue, gagne, perds, trébuche… Mais relève-toi toujours et avance ! »