publié le 23/01/2026
Sophie AUCONIE, 62 ans
Ex parlementaire européenne et nationale
Présidente de La MarcheRose 37
carcinome intracanalaire du sein
Parce que ma maman et ses sœurs (mes deux tantes) ont été victimes d’un cancer du sein (ma mère et ma tante Françoise l’ont été à plusieurs reprises, sur les 2 seins à une dizaine d’années de distance).
Parce que ma cousine, Françoise, est décédée des suites d’un cancer du sein qui a métastasé.
J’étais identifiée comme une patiente à risque et mon médecin traitant me demandait régulièrement de passer une mammographie.
Mais ma vie active, mon agenda ne m’ont jamais permis de rendre compatible ce contrôle médical avec mon quotidien… je me suis donc oubliée.
Lors de l’été 2020, j’avais 57 ans, j’ai constaté un changement notable de la forme et de l’aspect de mon sein droit. Je n’étais toujours pas ménopausée. J’ai donc considéré qu’il s’agissait juste d’une évolution normale de ma poitrine.
A mon retour à l’Assemblée nationale, dans ma petite cabine de douche, lors de ma toilette quotidienne, j’ai constaté une douleur majeure lorsque je savonnais mon sein droit. Après quelques jours du même constat, j’ai décidé de rencontre le docteur Guindeau, médecin au parlement.
Son diagnostic fut aussi préoccupant qu’il semblait grave et sérieux.
Le lendemain, lors d’un rendez-vous à l’institut Curie, j’ai mesuré combien je devenais une pathologie et un numéro de dossier. Au sein de cette usine à soigner les cancers, aucun sens de l’accueil, de la psychologie, de l’empathie, de l’accompagnement… juste une volonté : nous guérir.
J’ai donc choisi de transférer mon dossier en Touraine, à la clinique Vinci. J’y ai rencontré des médecins beaucoup plus dans l’accompagnement et le suivi.
Je me suis faite opérée quelques semaines plus tard, en novembre 2020, en pleine période Covid… comme une incarcération malgré les soins exemplaires du personnel soignant. En effet : interdiction de sortir de sa chambre, de recevoir des visites, d’échanger avec le personnel hospitalier sauf à distance et avec un masque… comme un second traumatisme.
Mon cancer nécessite une ablation totale du sein droit. J’ai, alors, demandé une ablation prophylactique du sein gauche et une reconstruction totale des 2 seins.
Je me suis réveillée mutilée mais reconstruite et donc forte de la poitrine d’une femme de 40 ans pour une quasi sexagénaire, donc assez valorisante pour me battre, le cas échéant, contre cette maladie.
Mon sein droit juste été borgne d’un mamelon que j’ai pu faire reconstruire quelques mois plus tard.
A travers la « MarcheRose 37 », je souhaite désormais porter un véritable combat pour la lutte contre le cancer :
• Sensibiliser à la prévention et au dépistage,
• Collecter des dons à destination des associations pour la recherche pour la lutte contre le cancer,
• Soutenir les politiques publiques pour le même accès aux soins sur l’ensemble du territoire.
Alors ensemble « MarchonsRose ».
Ma devise est celle de Nietzsche : « ce qui ne tue pas, rend plus fort ».


