Sophie T.

Sophie TAESCH, 59 ans

cancer hormonodépendant HER2 triple positif




Je m’appelle Sophie, j’ai 59 ans et je suis la maman solo de Félix, 15 ans. Je suis consultante indépendante en ressources humaines 


Annonce de la maladie

Quelques jours avant mon anniversaire en novembre 2024, j’ai une douleur dans le sein gauche, mais je ne sens rien à la palpation. Ma mammographie est prévue en mars 2025, je me dis que je ne vais pas attendre…Et tant mieux ! 

Je prends donc rdv avec mon médecin généraliste qui après palpation me dit d’aller faire une mammographie plutôt très vite. J’ai un rdv pour 2 jours après, et le radiologue m’annonce qu’une biopsie doit être faite très vite, je n’ose poser aucune question, je me laisse faire, et vais faire ma biopsie 2 jours après. L’attente des résultats est très longue (et ne dure pourtant que 8 jours), je n’en parle à personne sauf à mes 2 amies proches, je fête mon anniversaire avec ma famille dans un état second. Et le résultat tombe, lors d’un rdv avec mon médecin où elle m’annonce le cancer hormonodépendant HER2 triple positif, la tumeur va très vite et mesure déjà plus de 4cm (comment j’ai fait pour ne pas la sentir ?!?) 

Je pleure, la journée est éprouvante, je l’annonce à ma mère et à mon fils quand il rentre de l’école. Mon père est à l’hôpital pour une bronchite chronique et il décèdera quelques semaines après. 

Mon monde s’écroule, j’ai peur pour mon fils, j’ai peur pour notre équilibre financier, car je suis indépendante et seule à remplir la marmite. 

Je suis de nature combative, et quelques jours après je passe en mode guerrière pour moi, mon fils, ma famille, mes amis !


Traitement 

J’ai droit à la totale : chimio néo-adjuvante, opération, radiothérapie, immunothérapie et hormonothérapie. 

Je suis prise en charge très vite, rencontre une chirurgienne extraordinaire qui m’explique très bien tout ce qui va m’arriver, je fais des tas d’examen sur le mois de décembre, c’est un tourbillon, je me laisse faire, je fais confiance. 

Ma première chimio se passe début janvier, 4 cycles avec 3 semaines. Je supporte très mal, je reste couchée pendant des jours, et en même temps je m’occupe de mon fils en (essayant) de faire bonne figure, j’organise ma longue absence au niveau boulot. 

Je suis très entourée, j’ose demander de l’aide à mes ami.es, pour les courses, la compagnie et aussi financière, car je suis très mal…la solidarité et les témoignages de sympathie me font beaucoup de bien, une fois passée la gêne d’être dépendante, moi qui n’ai jamais dépendue de personne. 

Évidemment je perds mes cheveux (j’avais une tignasse rousse et frisée qui faisait mon identité…), mes cils et mes sourcils, et me fais raser la tête chez mon super coiffeur (en larmes…) le lendemain des obsèques de mon père le 26 janvier. C’est très dur. 

J’avance sans réfléchir, je me fais aussi aider par une socio esthéticienne, une réflexologue, un coupeur de feu, qui me font un bien fou. Et toujours mes amis, présents, et mon fils super adorable. 

La 2ème chimio tous les 15 jours est moins difficile et le résultat tombe en juin : 80% de la tumeur est partie ! 

L’opération, mastectomie partielle (je vais garder mon sein) est programmée début juillet. Elle  se passe bien, peu de douleurs post-op. Les résultats eux sont moins terribles, car les 20% qui restaient étaient très diffus, il faut donc ré-opérer pour être sûr, et l’analyse montre une différence avec le diagnostic initial, j’aurai donc une chimiothérapie ciblée Kadcyla, toujours par perfusion, et pendant 14 à 18 cycles, après la radiothérapie. 

La 2ème opération se passe toujours aussi bien, la radiothérapie commence en septembre (18 jours) et je fais une énorme allergie dans le décolleté et sur le sein. Me voilà donc partie pour 10 séances de photobiomodulation qui marchent très bien. 


Aujourd’hui

Je recommence doucement à travailler et à remettre à flot mon entreprise, j’ai une séance de chimio toutes les 3 semaines jusqu’en mai 2026. Je suis très fatiguée, j’ai des maux de tête quotidiens, mais j’arrive à gérer mon énergie pour profiter de ma vie, de mon fils, de mes amis que je ne remercierai jamais assez de m’avoir soutenue pendant cette période. 

J’ai commencé l’hormonothérapie, qui pour l’instant a peu d’effets secondaires. 

Cette parenthèse m’a fait prendre conscience de l’importance de vivre le présent, de se faire plaisir même dans les pires moments de doute, d’être patiente, de faire confiance. 

J’ai rejoint l’association Au sein des femmes en juillet, et je vais participer à l’échappée rose en septembre 2026. Je pars au ski en février, j’ai repris le piano, et je continue à chanter !