Stéphanie

 Publié le 18/06/2025

Stéphanie DELAINE

cancer du sein hormonodépendant





47 ans, orthophoniste, mariée, 2 filles de 22 et 18 ans.

J’ai senti 1 petite boule dans mon sein en mars 2024, personne ne croit que ce soit grave mais vus mes antécédents mon médecin me prescrit des examens. Echographie, IRM, biopsies, il n’y a pas 1 mais 3 petits nodules, le diagnostic de cancer du sein tombe le 13 mai 2024, tempête dans un ciel bleu…

J’avais déjà vu ce cancer à travers ma petite sœur, touchée pile 10 ans auparavant. Son cancer était génétique, j’avais été testée, je n’étais pas porteuse, j’étais donc suivie de près mais pas très inquiète, la foudre tombe rarement 2 fois au même endroit… Et pourtant ! ce cancer n’est toujours pas génétique, différent du sien, hormonodépendant. 

Dès l’annonce du diagnostic, on me parle mastectomie et curage axillaire. Parce que même si c’est très petit, il y en a 3. C’est radical mais ça rassure tout mon entourage et cela permettra d’éviter chimiothérapie et radiothérapie. Dès que j’accepte, l’équipe médicale me dit que mon pronostic vital n’est, du coup, plus engagé. La mastectomie est programmée 3 semaines plus tard. J’y vais confiante, entourée par mon mari très prévenant, rassurant, et mes filles. 1er bloc, 1ère anesthésie générale, le jour J je n’en mène pas large. Les suites opératoires ne se passent pas exactement comme je l’avais anticipé et la confrontation à la perte de ce sein n’est pas facile. Mon mari est un soutien essentiel à cette acceptation.

Les résultats des analyses sont bons mais finalement, après divers avis, le staff médical me trouve trop jeune pour risquer de ne pas faire de chimio par rapport au risque de récidive. Fin juillet, pose du PAC et c’est parti pour la chimio, dure à encaisser, je me rappelle trop bien des effets secondaires sur ma sœur… L’oncologue m’assure que même si les produits sont identiques, les effets secondaires seront moindres. Elle a raison, ces effets délétères sont beaucoup mieux anticipés et gérés qu’il y a 10 ans. Ce n’est vraiment pas une partie de plaisir mais je traverse tout ça, toujours très bien entourée. Mes cheveux tombent le 15 août et finalement je vis plutôt bien avec mon crâne chauve, ça repoussera… Le PAC, par contre, je ne réussirai pas à l’accepter, il me gêne.

Chimio jusque mi-novembre, radiothérapie tout le mois de décembre, 2024 se termine avec la fin des traitements lourds. Je suis complètement ko mais contente que cela soit derrière moi. 

2025 sera un nouveau chapitre… l’après. Qui commence par l’ablation du PAC fin janvier que j’ai durement négociée. Pas facile cet après, car une fois la bataille finie, on réalise ce qui s’est passé et il faut le digérer. Les traitements et leurs dégâts, ce nouveau corps, l’hormonothérapie et ses effets désagréables, autant de choses à apprivoiser… 

Il y a un avant et un après, je mesure, à un an tout juste de l’opération, le chemin parcouru.

J’ai eu la chance d’être très bien entourée par ma famille et de très bons amis, accompagnée par des copines de galère rencontrées au cours du chemin, à la Ligue, lors d’activités proposées par l’association au Sein des Femmes de Touraine. J’ai la chance d’avoir un mari qui est vraiment à la hauteur des espoirs que j’ai placés en lui il y a plus de 25 ans. Cette épreuve, ce sein amputé, nous a finalement encore plus soudés. On ressort de tout ça encore plus forts.

Maintenant je vais retrouver la vie d’avant, mon travail… mais tout sera différent, le regard porté sur la vie ne sera plus tout à fait le même. Il y a une urgence à profiter de tous les moments partagés avec les gens que j’aime…

Et puis, en sourdine, il reste l’inquiétude des examens de contrôle et la question de la reconstruction de ce sein. Je n’ai pas encore toutes les réponses mais là j’ai besoin d’une trêve !